Consentement et agression sexuelle

On a tous connu ce moment où on se demande si on a vraiment envie de faire l’amour…
Et l’autre, est-ce qu’il se pose la question ? Et est-ce qu’il en a vraiment envie ?
Et qu’est-ce que c’est dire oui ? À quoi est-ce que je dis oui, d’ailleurs ? Et comment dire non ? Et comment dire stop ?
Et si j’ai pas dit non, est-ce que c’est un viol ?

Le consentement à une relation sexuelle, ça pose un tas de questions. Et autant vous prévenir tout de suite, les réponses sont pas si claires que ça. Mais avec ce site, on va essayer d’y répondre, de vous donner des outils, et de vous aider à y voir plus clair.

Cette histoire de consentement à une relation sexuelle, elle date pas d’aujourd’hui. Seulement, avant, on se posait moins de questions. Ben oui, le père de famille décidait pour tout le monde : sa femme et ses enfants, personne n’avait son mot à dire.
Et dans beaucoup de sociétés aujourd’hui encore, c’est le cas : beaucoup de jeunes filles et de femmes doivent encore se plier au bon vouloir des hommes. Mais ça évolue dans le bon sens !

Dans notre société, beaucoup de filles et de garçons ont connu ces lendemains de soirées où on se réveille à côté de quelqu’un et on se dit “oups, j’aurais peut-être pas dû”… Pour autant, entre regretter et être victime de viol, il y a un fossé, parfois difficile à délimiter. Alors, comment savoir ?

Et puis d’abord, qu’est-ce que c’est un viol ?

Pour la loi française, c’est tout acte de pénétration sexuelle, de quelque nature qu’il soit, commis sur la personne d’autrui par violence, contrainte, menace ou surprise. Donc un viol, c’est pas forcément commis par un homme, et la victime c’est pas forcément une femme. Quant à la pénétration, elle peut avoir lieu dans la bouche ou dans l’anus, pas forcément dans le vagin. Et c’est pas forcément un sexe d’homme qui pénètre, ça peut être un doigt ou un objet…
Maintenant, pour les circonstances :
La violence, on sait ce que c’est : les coups et les cris, c’est ce qu’on voit le plus souvent dans les films.
La contrainte, c’est plus compliqué. C’est pas forcément quelqu’un qui va vous tenir avec ses mains. On peut tenir quelqu’un avec des mots, avec des idées. Si on est trop jeune, par exemple, on va être plus facilement impressionnable.
La menace, on a un peu du mal à la distinguer de la contrainte. Ça peut être un chantage ou une intimidation. Mais ça peut aussi être un cadeau, c’est pas forcément agressif.
Et la surprise, c’est simplement quand on ne s’y attend pas.

La punition pour un viol, elle est très lourde, en France. Ça peut aller jusqu’à 15 ans de prison, et même 20 ans ou 30 dans certains cas. C’est donc pas une mince affaire.

Maintenant, on sait ce que c’est que le viol. Mais on sait toujours pas ce que c’est que le consentement. D’ailleurs, le terme consentement n’apparait pas dans la loi quand on parle de sexualité.

Quand est-ce qu’on est d’accord ? À quoi est-ce qu’on est d’accord ?

D’abord, il faut être assez grand pour pouvoir consentir, on a une vidéo là-dessus, que je vous invite à regarder après. Et il faut aussi être capable de consentir. Si je suis complètement bourré, je vais pas être capable de discernement, c’est-à-dire que je vais pas pouvoir clairement être d’accord. Si je dors, je suis pas non plus capable d’être d’accord.

Si dans mon sommeil, quelqu’un vient me tripoter ou si je décide d’aller tripoter quelqu’un qui dort, c’est pas un viol, il y a pas eu consentement, mais c’est quand même interdit. Ça s’appelle une agression sexuelle. Et si je me mets à poil devant quelqu’un qui l’a pas demandé, ça s’appelle aussi une agression sexuelle, et ça aussi c’est illégal.

En gros, pour que ce soit légal, il faut que l’autre soit clairement d’accord. Et ça, c’est pas toujours facile de le savoir…